« Mercredi 16 novembre 1870. 60e jour du siège.
Un second pigeon vient de nous arriver, ma chère maman, et il a été doublement le bienvenu, puisqu’il nous annonce l’heureuse reprise d’Orléans par nos troupes. » Marthe.
Paris est encerclé par les armées prussiennes durant la guerre de 1870-1871 qui oppose Napoléon III au roi de Prusse, Guillaume Ier (avec l’appui du chancelier Otto von Bismarck). Isolés du reste du pays, les habitants doivent faire face au froid, aux maladies, à la faim – les réserves de nourriture s’épuisent vite –, et dès le début du siège, ils sont privés des services postaux. Pour maintenir la communication avec leurs proches, ils ont recours aux pigeons voyageurs, utilisés d’abord pour transmettre des messages officiels ou militaires. La Correspondance entre le comte et la comtesse de Montalivet avec leur fille, Marthe, et leur gendre Georges Picot, qui vient de paraître chez Honoré Champion, avec le soutien de la Fondation La Poste, constitue un précieux témoignage permettant de découvrir l’histoire du siège de Paris de l’intérieur : un drame national autant que familial. Les lettres proviennent d’un « véritable trésor archivistique » que les héritiers de Georges Picot ont mis à la disposition de Pierre Allorant et Walter Badier, les éditeurs scientifiques de cette correspondance passionnante. L’édition comprend un riche appareil critique et un dossier iconographique. Elle inclut également des extraits du journal du Comte de Montalivet, qui contribuent à la contextualisation des échanges, ainsi qu’une copie du compte-rendu des événements de Reverseaux rédigé par Mme la Marquise de Gouvion Saint-Cyr. Les réponses qu’elle apporte aux questions posées sont remarquables et illustrent le rôle essentiel des femmes durant la guerre, et leur dévouement héroïque. Pierre Allorant est doyen de la faculté de droit d’Orléans, président du Comité d’histoire parlementaire et politique, et Walter Badier, spécialiste de l’histoire politique de la Troisième République, maître de conférences à l’université d’Orléans et secrétaire général du Comité d’histoire parlementaire et politique. Nous les avons interviewés.
Vous pourrez lire également, dans ce numéro, un grand article sur la Correspondance entre Walter Benjamin et Gershom Scholem publiée récemment aux éditions de L’Éclat, et un autre sur la Correspondance retrouvée de Marcel Proust, Cent lettres inédites, ouvrage paru en juin chez Honoré Champion, qui contient un cahier central avec des fac-similés de lettres. Le 1er septembre aura lieu la remise du prix « Envoyé par La Poste » 2026. En attendant, nous vous souhaitons un bel été, d’intéressantes lectures et de réjouissants spectacles, lors du festival de la Correspondance de Grignan qui fête sa 30e édition, ou encore aux Rencontres d'été Théâtre & lecture en Normandie qui a pour thème « Altérités ».